Déambulations sonores

Publié le par Ether


Pour Musiques de Rues, l'essai est transformé : la deuxième édition qui s'est déroulé du 04 au 07 octobre dernier à Besançon s'est révélé un franc succès.


Dans la programmation des fanfares bien sûr, mais aussi de la musique traditionnelle indienne, slave ou africaine, des rythmes « actuels » -hip-hop, drum’n bass-, du classique contemporain, des improvisations jazz, des expérimentations sonores ou bien encore des bruissements mécaniques. La plupart des concerts se déroulaient dans la rue, mais pas seulement : friches, jardins et même musées ont été investis.

Au coeur d'un parcours à la fois sensible et festif, le curieux pouvait se régaler, quel que soit son bagage culturel. Sensibles sont par exemple les gouttes d'eau zen du Clos Barbizier, intitulées Falling Water : une sculpture minimaliste de fer et de terre cuite de Will Menter, qui s'intègre parfaitement à ce jardin coquet. A quelques encablures de là, dans le sous-sol brut et recouvert de graffitis de la Tour bastionnée de l'architecte Vauban, trônent des instruments improbables, création du savant-fou et artiste récup' Jéranium: des guitares presse-citron, des lampes tourbillonnantes, des archets-poulies, sortes de ready-made musicaux, au charme suranné et à l'esthétique écologique.

Pédagogie et ludisme

La pédagogie est un des points forts de Musiques de Rues, comme l'explique Phillippe Vasseur, scènographe du Manège acousmatique: « Ce qui est intéressant c'est qu'on touche un public très large (...) le manège s'inspire de la physique quantique et de la gravitation, et en même temps, on retourne à des choses simples : l'enfance, l'univers.. » Certains spectacles étaient entièrement lisibles à différents degrés, comme celui des Piétons, Brut de décharge, à la fois brûlot politique et régal pour les petits, assis en rond autour des cinq « instr'humains » recouverts de détritus. Avec Vélo Head, l'improvisateur chevronné Michel Doneda nous a servi sur fond de pétarades motorisées un texte d'Alfred Jarry, sous les regards abasourdis ou complices des passants et connaisseurs.

Au rayon fanfares et fêtes endiablées, on retiendra les prestations cocasses de l'Impérial Kikirstan, un mini-band de cinq clowns classieux qui semblent tout droit sortis d'un film d'Emir Kusturika. Ces gai-lurons n'ont pas hésité à se faufiler dans une boutique de lingerie étroite comme un mouchoir de poche, emmenant avec eux une partie du public éberlué. Pour ceux que la journée n'avait pas épuisé, il était encore possible de se déhancher jusqu'à trois heures du matin à l'Usine Supérior, transformée par les filles du Retour du boogie! en une joyeuse piste de danse. Musiques de Rues, c'est fini: on attend donc l'année prochaine avec impatience pour de nouvelles déambulations sonores.

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