Château enchanté

Publié le par Ether

    Compte-rendu du festival « Ça s’joux au château », 1-2 septembre 2006 (département du Doubs). 

    A quelques kilomètres de Pontarlier se trouve le château de Joux, où feu Toussaint Louverture, maître d’œuvre de la révolution haïtienne et grand pourfendeur de l'esclavage, mourut esseulé. Ce week-end fut l’occasion de voir cet endroit sous un angle beaucoup moins martial : le festival ça s’joue au château, organisé par les associations 5 sens et Ashima-line, avait plutôt un goût de récréation ou de conte éveillé. A l’entrée, une fois le pont passé, des dizaines de mains en cartons puis de chapeaux multicolores sont suspendues à des fils ; puis dans la cour, des lumières et décorations faites à la main donnent une touche onirique et enfantine à ce château enchanté. On mange de l’agneau bio, on festoie avec de la bière locale : ici, point de grande marque s’affichant ostentatoirement, point de foule anonyme, mais de la créativité, s’exprimant à tous les coins.
  
En montant les escaliers, on se fait alpaguer par un docteur fou, arborant une blouse sanguinolente avec un malin plaisir. Pas de panique, c’est Off-pital, une œuvre du collectif Chouech arts. Ils nous ont concocté une fresque thér-art-peutique, enfin une fresque d’art thérapie, qui en enthousiasme plus d’un : des peluches et poupées sont décapitées sans vergogne, de la glaise ou de la pâte à modeler sert à modeler des ventres, des membres, des montagnes, et toutes formes qui donneraient sans doute quelque fil à retordre à un psychanalyste chevronné… On se souviendra tout particulièrement de la sculpture représentant une maternité grillagée, soit un ventre triste et  enférré, avec un inquiétant poupon au-dedans.


        entrée du chateau : les chapeaux  
               

    Mais à quelques encablures de l’atelier de l’Off-pital commence le spectacle des Fées de l’Effet, aussi énergiques et vitaminées que le orange flashi de leurs perruques. Et c’est parti pour une heure de jeux de mots et contrepèteries à gogo, youpii !!!  A coups de rocambolesques retournements de moral - « Nous sommes libres de nous taire, mais nous préférons parler » -, les fées nous content des histoires de prince à épiler et de pinces à épouser, des histoires d’amour qui subissent forcément des chutes cocasses –« Le coup de foudre se transforme en coup de fer. Du coup, plus question de tirer un coup ! ». Elles inventent un anti-rap qui taquine Joey Starr – la chanson dentifrice, où la miss « phèresud » nous présente ses dents noires-. Elles chantent à la guitare et se painet de jolies refrains –« l’amour harponne et désarçonne ».


    Enfin, comme dirait miss phèrenord, « c’est pas l’trou mais l’temps pax », je m’en vais donc en féelibataire scruter la scène hip-hop de notre découverte de la soirée, mister Dgiz, slameur hors-pair. Difficile de décrire les prouesses verbales de ce merlin l’enchanteur des mots : l’impression qu’on nous les a chapardés au passage, avec une vitesse hallucinante… Devant ce rapt poétique, où les « paroles s’envolent en l’air » comme se plaît à le répéter Dgiz, on est muet, quand le bougre apostrophe un petit garçon immobile au devant de la scène. Il s’appelle Chen, nous dit-il, aussitôt mister Dgiz enchaîne et enchen, chen c’est  cool, et puis Koolshen, ouille j’ai perdu le fil au secours ça va trop vite ! Avec une demoiselle qui l’accompagne aux cordes, Dgiz passe du poinçonneur des Lilas à Brigitte Fontaine, tout ceci avec une dextérité zen, tout en « amortis d’harmonies pour passer le relais dans les meilleurs délais ».



cour du château

    C’est alors qu’on se rend compte qu’il est grand temps de le passer, le relais, à la Fanfare du Belgistan qui a investie la grande cour. C’est festif sans être révolutionnaire au niveau de l’originalité, mais de danse en danse, on parvient doucement jusqu’à Nomadic Lab, qui nous fait une démonstration d’un mélange réussi de musique traditionnelle pointue et d’explorations électroniques. Allez, un verre de dj Fluck avant de faire dodo, et avec ça, on reviendra l’année prochaine !

PS: Merci à Véronique, organisatrice, pour les photos et renseignements !
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N
merci pour ce petit article.<br /> on remet l\\\'couvert cette année le 31aout et 1er septembre 07, avec entre autre l e célébrissime Corbier, UHT(électro-jazz), ronnie rocket (rockabilly), generic (noise-post-rock), duracell (batteur intergallactique), mango gadzi (tzigane), petit orchestre des niglos (swing manouche),tear off hubb (electro), lakim (danse-bodypaintingelectro), aérosound, réverbère,quilibrio,sddong,drologoss jazz ta rue,free art, les alterpauvres,le théâtre de l\\\'unité,grand vince,homunculus sextet...ett plein d\\\'autres surprises....<br /> avec toujours expo, stand tchaÏ, bière artisanale et tout ca...
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