Para one / Justice

Publié le par Ether

> Para One, Epiphanie (Naïve/Institubes, 2006)
> Justice, Waters Of Nazareth (Ed Bangers, 2005)



Un petit mot sur deux artistes qu’on a annoncés comme la « nouvelle French touch » (notamment le magazine Trax, voir n° 95). Tout d’abord Justice, idole de l’underground parisien, titulaire de deux maxis et de quelques remixes prestigieux (Fatboy Slim, Daft punk, Soulwax…). Leur dernier maxi, Waters Of Nazareth est sorti en septembre 2005, et il comporte six morceaux ultra pêchus où l’on sent pêle-mêle diverses influences, entre rock et funk (pas étonnant pour  des artistes qui disn avoir écouté les Beatles, Prince, Fugazi ou encore Michael Jackson), entre vitamine C et gaz hilarant. Les deux compères, alias Xavier de Rosnay et Gaspard Augier, s’en donnent à cœur joie : coups de symbales à gogo, grosses basses déglinguées pleines de grésillements, mais aussi de jolis petits moments poppy, et voui tout ça en même temps. Difficile à imaginer j’en conviens… S’il fallait leur trouver des antécédents, on serait tenter d’invoquer Daft punk, et pas à cause de l’étiquette French touch, non, plutôt une consonance décalée et groovy. Avec, certes, quelques bpm en plus du côté de Justice…

L’album Epiphanie de Para One distille d’emblée un son un poil plus club, plus cadré, plus light, plus propre. Mais la différence n’est pas un fossé : on retrouve là aussi un côté déglingué, très Daft punk, émaillé de gimmicks groove et comiques comme sur le morceau Clubhoppn qui nous renvoie sans détour aux compositeurs d’Around the world. Et puis des trouvailles d’ingénieur fou, à l’instar de ces voix du morceau F.U.D.G.E taillées au cut up comme des hoquets, ou cette samba espiègle qui se met à se transformer en disque rayé sur Def Tea Machine ... Enfin on ne rendrait pas l’aspect global du disque si on ne parlait de ses accents hip-hop : outre le fait que Para One est le producteur du groupe TTC (qui font apparition sur le morceau six) c’est aussi un peu son chaudron de naissance : il est tombé dedans en 1992, alors qu’il arrivait à Chambéry (well, c’est vrai qu’à cette époque on parlait plus de rap que de hip-hop…). Le son de Para One est précis et riche, percé de déflagrations métalliques façon Autechre (Sages-femmes), vrillé de partitions synthétiques hautement raffinées (Liège), sertie de scintillements diamantins (Bobble). Et pourtant il reste complètement dancefloor dans la quasi-totalité de ses morceaux, une alchimie rarement réussie en matière de musique électronique : pas de doute, ici, c’est bien de l’or…


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