Guitares à feu et à sang

Publié le par Ether



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Avec une poignée de groupes, américains pour la plupart, et inconnus en France, le festival While my guitar violently bleeds a offert à son public un beau voyage musical

Rien de surprenant à être encore surpris. On a fait confiance à Ali_Fib, alias Maxime Guitton, le programmateur de soirées alternatives dans des lieux insolites, et on a eu raison. Entre rock seventies, expérimentations bruitistes et voyages folk, il a réussi, une fois de plus, à provoquer un délicieux oubli de soi, une plongée acoustique belle et violente, fidèle au titre de l'album du Sir Richard Bishop, While my guitar violently bleeds – « Tandis que ma guitare saigne violemment ».

Les deux soirées, qui se déroulaient samedi 22 et dimanche 23 mars aux Voûtes, à Paris, dans cette ancienne gare frigorifique tranchant avec l'architecture du nouveau quartier rive gauche, étaient construites à peu près sur le même schéma : une alternance entre sons acoustiques tendance folk, et variations électriques. Dans la première catégorie c'est Glenn Jones qui ouvrit le bal, intercalant entre chacun de ses voyages sonores des interludes humoristiques. Offrant avec sa guitare à douze cordes une musique riche, sinueuse comme une route de l'Ouest américain. Le lendemain ce fut un autre songwriter, Hush Arbors, jeune barbu à lunettes, quelque part entre la mélancolie de Nick Drake, ou d'un Devendra Banhart. La musique est rassurante quoique triste, elle enveloppe dans un cocon de protection, une douceur bienfaisante. Dans la salle, les yeux se ferment, sur des spectateurs qui sont d'ores et déjà loin... Le virtuose Jack Rose était ensuite l'un des plus attendu. Avec grâce, le folk chaud, terriblement racé, teinté de blues et de sons orientaux du sieur convertit le public en peu de temps. Cette fois, des sourires béat s'equissent... Comment, mais cet homme n'a qu'une guitare ?

Que les cordes saignent, et qu'elles se travestissent au son de Datashock, groupe de six savants fous, confondant guitares, claviers, violon et toy piano avec des éprouvettes. L'ensemble est odorant (un peu d'encens, c'est pas désagréable) et surtout très visuel : des valises déployées sur scène enferment tout un joyeux bordel de cassettes colorées, de machines et de magnétophones surannés, encombrés de fils et d'images boudhistes. Une créativité proche de Sunburned Hand of the Man, qui étaient présents lors du dernier festival Ali_Fib, en octobre 2007. Tout aussi surprenant le duo GHQ (Marcia Basset et Steve Gunn des Magic Markers), un chant de vocalises hypnotiques accompagné d'un violon et d'une guitare électroacoustique élastique, propice aux divagations oniriques. Quand Steve Gunn prend le micro l'ambiance se fait plus rock instrumental, empruntant des accents au Come on die Young de Mogwai ou à Godspeed you black emperor ! . Tom Carter, qui avait sévit la veille en solo, se joint au groupe, apportant sa touche de psychédélisme. On pense au Neil Young de la BO de Dead Man, le film de Jim Jarmush.

Que de voyages, au final, les yeux fermés bien souvent, à se laisser porter par la musique. Et de groupes découverts, autour d'une scène musicale, fourmillante de talents. Chapeau.

 

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D
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